Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mercredi 5 septembre 2012

"Le Cid Camper Adore". Benoît Barvin in "Titres qu'on n'aurait pas dû".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(INCLINE-TOI DEVANT TON COEUR
ET PAS DEVANT LES PUISSANTS)

***
COURTS RÉCITS AU LONG COURS(40)
pcc Benoît Barvin


Ballon


   Mignon tout plein, le ballon rouge à pois noir apparut soudain au-dessus du mur séparant mon jardin de celui de la maison voisine. Et, après une belle envolée, le ballon atterrit sur le sol où il rebondit plusieurs fois avant de rouler jusqu'à moi. Moi qui étais assis dans un fauteuil de jardin, un livre de Borges à la main. Je restai quelques secondes, interdit, à observer le ballon, tout à fait banal. Et je m'interrogeai. 

   Les voisins étaient partis quinze jours auparavant. Pendant la nuit, je suppose, puisque le matin leur voiture n'était plus là et les volets étaient fermés. Plus de bruit, soudain. Plus de jaillissement de la douche, incongru, que j'entendais au travers du mur commun. Plus de disputes aigres et d'éclatements de vaisselle brisée. Plus de pleurs d'enfants... Je ne m'étais pas interrogé plus avant, heureux de retrouver la solitude qui m'avait plu, lorsque j'avais loué cette petite maison avec jardin, dans les faubourgs de la Ville. 

   Puisque la maison voisine était vide, qui venait de lancer le ballon? Le fils ou la fille d'un nouvel occupant? En ce cas, la famille était vraiment silencieuse, puisque je ne les avais pas entendus déambuler dans les pièces. Je me levai, me saisi du ballon, d'une légèreté de bulle et, d'un geste viril, le renvoyai dans le jardin voisin. Il disparut de l'autre côté du mur.

   J'allais replacer mon grand corps dans le fauteuil quand le ballon réapparut. Toujours de la même couleur, toujours aussi gracieux, ballon qui accomplit une jolie arabesque pour, après avoir rebondi comme la première fois, s'arrêter près de moi, tel un chien fidèle. Cette fois je sursautai. Bien qu'il fasse chaud en ce mois de Septembre et que le soleil brillât de tous ses feux, un frisson glacé parcourut mon échine. Sans savoir pourquoi, je jetai un oeil inquiet en direction de la forme ronde, légère, bien innocente pourtant. Puis je regardai là-bas, en direction du mur, m'attendant à apercevoir une silhouette, celle d'un enfant ou d'un parent qui allait m'adresser la parole, s'excuser, me saluer, me...

   Personne ne se manifesta. Un silence de mort régnait, de l'autre côté de cette palissade de parpaings dont on apercevait chaque jointure. Je distinguai le toit de la maison voisine, le faîte d'un arbre - un épicéa m'avait-on dit, ainsi que le mur de séparation de l'autre voisin, là-bas, propriété qui était à vendre depuis un bon moment. La lointaine rumeur de la rue s'estompait peu à peu. L'air vibrait, à la fois chaud et frais, si j'en croyais les frissons qui se multipliaient sur ma peau.

   J'aurais pu m'adresser au facétieux qui venait de me renvoyer le ballon. J'aurais pu le héler, lui dire que ça suffisait, que les plaisanteries les plus courtes sont les moins pénibles, que j'allais lui botter les fesses, à ce petit c... Mais je ne dis rien. J'étais à la fois intrigué et... comment dire? Un peu effrayé. Ce silence... Cependant, après quelques minutes, je me repris, me saisis une seconde fois du jouet et m'apprêtai à le relancer par-dessus le mur.

   A cet instant, je crus percevoir un frottement, de l'autre côté. Et comme un petit rire enfantin. Je recouvrai instantanément mes esprits. La colère enflamma mon cerveau. Il y avait bien, derrière cet épais rempart rugueux, un gamin qui se fichait de moi. Il s'était certainement introduit dans la propriété pour chercher quelque chose à voler et, Gros-Jean comme devant, il s'amusait maintenant à mes dépends. Ah, c'était comme ça! Il allait voir, ce petit sal... de quel bois je me chauffais. 

   J'allai chercher l'échelle qui me servait à effectuer de menus bricolages. Je la posai délicatement - et silencieusement - contre le mur et, armé du ballon, je montai les échelons, en prenant mille précautions. Je percevais maintenant  plus aisément la respiration du gamin et son bizarre petit rire, qui me faisait penser à un grognement.

   Je débouchai en haut du mur, me penchai dans un mouvement rapide, censé surprendre l'intrus et lui provoquer la peur de sa vie. Une gueule béante jaillit, ouverte,  monstrueuse, remplie de dents acérées, et elle m'engloutit. 

   J'eus juste le temps de penser que je savais, maintenant, où se trouvaient mes ex voisins.

***

"Certes, je lis la Bible, mais j'ai pris mes précautions
pour ne pas être infecté... J'ai déjà fait ça avec
la Torah et le Coran..."


***

"Non je ne joue pas dans Peau d'Ane...
Pourquoi cette question?"


***

(Soeur Cornette avouant qu'elle travaille bien 
au sein d'une congrégation religieuse...)

BELOW HER, THE INSCRIPTION: 
“ET NOUS AUSSI NOUS SERONS MÈRES, CAR…..!”
 “WE TOO SHALL BE MOTHERS, BECAUSE….!”
JEAN-JACQUES LEQUEU, ET NOUS AUSSI NOUS SERONS MERES. 
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE DATE: C. 1794.

***

"Moi, ma lessive elle lave plus blanc!
- Mein Fuhrer ! Tu serais donc,
toi aussi, une ennemie de l'intérieur..."

NAZI LAUNDRY,1935

***
Jacques Damboise

Aucun commentaire: